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LEGENDES                                                                                                                

LA BUTTE DE MONT

Vers 1480, il existait en ce lieu, un château dont le seigneur avait pour réputation d'être rude et débauché. Son fils, quant à lui, était arrogant et cruel et n'hésita pas à égorger son père au cours d'une dispute.
Pourtant, un an plus tard, quand il célébra avec excès la mort de son père, alors que sa mère pleurait et priait dans la chapelle voisine de Saint Paul, le tonnerre gronda, la terre trembla et s'entrouvrit, engloutissant le château, le jeune seigneur et ses compagnons de débauche.
Le trésor du châtelain, produit de ses pillages, est désormais enfoui à une grande profondeur au sein de la butte. Il est gardé par un serpent de feu, la vouivre, que l'on a vu quelquefois sillonner le ciel pendant les nuits obscures ou apparaître sous les traits d'une jeune femme pour boire à la rivière.

Le jour des Rameaux, quand, au retour de la procession, le prêtre frappe pour la 1ère fois la porte de l'église avec la hampe de la croix, la butte s'ouvre. On peut alors contempler le trésor, mais il ne faut pas songer à descendre pour se l'approprier, car au 3e coup frappé par le prêtre, la butte se referme.

 Pourtant, on dit qu'il y a bien longtemps, un homme pauvre et courageux voulut jouir de ce spectacle unique. Il se plaça à mi-côte de la butte dans l'attente du phénomène. Pendant que les cloches sonnaient et que la procession des Rameaux se déroulait sur la place publique, notre homme égrenait son chapelet pour dompter sa peur.
Soudain, le tertre se fendit et, au fond d'un trou noir, le miséreux aperçut les morceaux d'or. Sans trop savoir ce qu'il faisait, il lança dans le gouffre les grains de son chapelet.
Oh! Surprise ! Toutes les pièces touchées par les grains bénis furent immédiatement projetées au dehors et le tertre se referma. Le bonhomme empocha l'or et s'enfuit.

Cette légende se racontait encore aux veillées, dans les années 1900, et certains y ajoutaient foi. On ne passait pas la nuit dans le bois de Mont sans éprouver un frisson de peur : on craignait d'y voir quelque chose ! On peut également remarquer, encore aujourd'hui, sur certaines maisons du bord du canal , une tête de femme, censée protéger des méfaits de la vouivre ...

 

LL'HISTOIRE DES BOEUFS AQUATIQUES


A proximité du hameau de Jommesson, la Loire a creusé un "gour" vaste et profond dénommé le gour du Baron (il est actuellement asséché mais on peut voir son emplacement tout près du domaine de chez Lamouche).                       

On raconte qu'il y a plus d'un siècle, ce gour refermait dans ses eaux glauques une chapelle. Et que, par temps calme, on entendait parfois tinter les cloches au fond de l'onde. 

Le gour du Baron était l'habitat de deux boeufs noirs, forts, gros et dociles qui, à minuit sonnant, sortaient des roseaux et se mettaient le plus gentiment du monde à disposition des cultivateurs voisins. Mais, quiconque se servait de ces boeufs aquatiques devait leur enlever le joug avant le jour naissant. Tout le monde le savait et prenait garde de ne pas oublier.
Pourtant, il arriva un jour (ou plutôt une nuit) qu'un cultivateur intrépide et avare voulut achever son sillon alors que l'aube se levait. Il n'en eut pas le temps car subitement les boeufs s'évanouirent dans la brume et plus personne ne le revit.

 

SATAN AUX THURIERS

Autrefois, dans nos campagnes, on fermait au loquet la porte de la maison pendant la nuit.

Une nuit, précisément dans le village des Thuriers, on frappa à la porte d'un vieux couple qui reposait dans un grand lit "à quenouilles". La femme, qui était éveillée cria sans réfléchir : "Entrez !" La porte s'ouvrit et, au grand bruit qu'elle fit en grinçant sur ses gonds, le mari s'éveilla à son tour.

Les époux virent entrer un personnage très grand, qui "lançait du feu" par la bouche et par les yeux. L'homme, comprenant à qui il avait à faire, eut la présence d'esprit de s'écrier : "Retire-toi Satan, je prends de l'eau bénite et toi, t'en prends pas ?"

Sur ce, le diable disparut par la porte restée entrouverte en laissant derrière lui une forte odeur de souffre, qui lui est très caractéristique, paraît-il.

Depuis ce temps-là, on ne dit plus d'entrer quand quelqu'un frappe à la porte. On dit d'abord : "qui est là ?". Ce qui est plus prudent, surtout la nuit.

 

LA CLOCHE

Les bâtiments ont été construits avec les anciennes pierres de l’église de Beaulon, vendues aux enchères en 1890.

Une légende raconte aussi qu’une cloche aurait atterri à cet endroit et qu’il y coule une source qui ne gèle jamais.

 

LE CROT DU VILAIN

Non loin du gour du Baron, à proximité du Basset, se trouve une excavation entourée d’épais buissons, qu’on appelait le « crot du vilain ». Ce trou maudit était hanté par le diable.

En passant devant ce lieu, les femmes se signaient, les enfants détournaient la tête en frissonnant. C’était cet endroit que Satan avait choisi comme repaire quand il venait visiter cette partie de ses domaines. C’était de là qu’il partait en guerre contre les paysans, trop croyants à son gré. Il leur tendait donc des pièges de toutes sortes.

Un jour, les gars du domaine voisin s’aperçrent que leurs quilles avaient disparues du hangar où elles avaient été remisées le dimanche soir. Ils les cherchèrent et finirent par les trouver … dans le crot du vilain. Ils les rapportèrent et les enfermèrent dans la grange.

Le lendemain, elles étaient revenues au fond du trou maudit. Et, ce manège dura jusqu’à ce que le curé eut béni les précieuses quilles, auxquelles le diable n’osa plus toucher.

 

L’ETANG DES BLUZIAUX

Les anciens racontent que le clocher de la première église de Saint Aubin se trouve dans l’étang des Bluziaux. Un jour, un paysan attela ses bœufs pour tirer celui-ci hors de l’eau. Mais, d’un seul coup, alors qu’il injuriait ses animaux qui n’étaient pas assez forts, il fut englouti dans l’eau avec tout son attelage.

 

LA POULE NOIRE

Un cultivateur revenait du marché aux grains de Dompierre. Assis dans sa carriole vide dont les cahotements le berçaient, il fumait tranquillement sa pipe. La nuit était tombée. Tout à coup, il entendit au dessus de sa tête des aboiements qui lui parurent très éloignés. Otant sa pipe de sa bouche, il lança vers la ciel un juron sonore. A peine l’avait-il proféré qu’une secousse ébranla sa carriole. Se retournant brusquement, il vit derrière lui la moitié d’un corps mort, malgré l’obscurité. Les bœufs s’arrêtèrent. Epouvanté, le bouvier sauta sur le chemin et aiguillonna vivement l’attelage.

Les bêtes reprirent leur marche lente mais elles tiraient de toutes leurs forces, comme si le fardeau que portait la voiture eut été très lourd. Le cultivateur, plus mort que vif, arriva enfin à sa demeure. Sa femme s’approcha avec un « chaleu » pour l’éclairer pendant qu’il dételait ses bœufs.

« Ah, ma pauvre femme, soupira-t-il, nous sommes perdus. Viens voir ce que je ramène ! »

Mais, quand malgré sa terreur, il dirigea la lumière sur l’arrière de sa voiture, il ne vit rien. Il se croyait le jouet d’un rêve lorsque soudain, il remarqua une poule noire perchée sur l’une des ridelles. Celle-ci, en le voyant s’approcher, prit son envol en ricanant.

Il paraît que la poule noire est une des formes que prend le diable lorsqu’il veut jouer des tours aux humains. Toujours est-il que le malheureux imprudent eut l’année suivante un fils qui avait des pattes de « jo » noires et écailleuses.

   

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